Le président du conseil général, Pierre Bédier (UMP), n'y voit pas malice. Hier, à Versailles il a officiellement dévoilé cette pub destinée à attirer dans les Yvelines les investisseurs
britanniques du secteur tertiaire et de la haute technologie. La photo sera publiée en juillet dans le Financial Times et dans Les Echos. Des dates de publication choisies en
fonction de la Coupe du monde de rugby, qui se déroulera à la rentrée. Comme l'équipe anglaise sera hébergée à Versailles, la ville du Roi-Soleil s'attend à une déferlante venue
d'outre-Manche.
«Cette photo est destinée à attirer l'oeil. Nous avons choisi de faire incarner les Yvelines par une femme jeune et moderne, explique le président Bédier. C'est un brin
provocateur, mais l'image reste dans les limites du convenable. » Un clip sera également diffusé ce week-end sur la chaîne du câble Euronews. L'ambiance est volontairement différente.
L'affiche un peu macho du vestiaire d'équipe de rugby est oubliée. Place au raffinement : aviron, châteaux, lycée international de Saint-Germain et portrait d'un cadre anglais heureux en famille.
Tout est fait pour montrer que la qualité de vie peut être excellente à trente minutes de Paris. «Nos concurrents sont Paris et les Hauts-de-Seine. En mettant en avant l'aspect bucolique de
notre département, nous gagnons des points dans le coeur des familles anglaises», explique Pierre Bédier.
Le coût de cette campagne s'élève à 600 000 €. Les élus du département sont tous d'accord pour attirer les investisseurs étrangers.
« Quand on veut valoriser l'intelligence et la technologie, on ne coupe pas la tête de la femme des Yvelines »
Mais la photo de cette femme sans tête choque Marie-Hélène Lopez-Jollivet (PS), la maire et conseillère générale de Vernouillet. «Quand on veut valoriser
l'intelligence et la technologie, on ne coupe pas la tête de la femme des Yvelines. Le message visuel est contradictoire. » L'édile se dit atterrée par cet encart un brin machiste.
Elle estime que l'affiche ne trouvera pas son public. «La haute technologie et la recherche sont des secteurs à forte mixité, et je ne suis pas sûre qu'on
touche les entrepreneurs anglais en leur renvoyant une telle image de la France. »
Jean-François Bel, le maire UMP de Montesson et vice-président du conseil général, confirme que la photo ne lui plaît pas, à titre personnel. Mais cet ancien patron des huiles Puget estime
néanmoins que cette campagne est «pertinente». «Nous avions fait une publicité mettant en scène une jeune femme sur un vélo qui disait : J'emballe tout .
C'est grâce à ça que nous sommes devenus numéro un en France.»
Cette photo, qui sera diffusée en juillet dans la presse économique en France et au Royaume-Uni, a été présentée hier matin aux conseillers généraux.
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